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Parcours numériques d’apprentissage

Engagée dans un groupe de travail sur les Parcours numériques d’apprentissage (pour le secondaire) d’une part et inscrite au MOOC eLearn² de Marcel Lebrun et Christophe Batier (conception d’un dispositif de formation en ligne – notamment pour l’enseignement supérieur) d’autre part,  je vais essayer de faire des liens entre ces deux axes de réflexion. 

D’abord, il m’apparaît que tous deux s’inscrivent dans un dispositif pédagogique ; Marcel Lebrun le définit comme un ensemble :

  • de ressources (internes – ce qui est acquis et externe – informations mises à disposition)
  • de stratégies – celles proposées par l’enseignant, celles inventées par l’apprenant
  • de méthodes génératrices d’activités
  • d’ acteurs

interagissant dans un contexte donné pour atteindre un but qui devrait être de « permettre à l’élève d’apprendre quelque chose« .

Il propose un « modèle pragmatique d’apprentissage« , qu’il détaille et commente dans un article de son blog : 5 facettes pour construire un dispositif hybride : du concret.

Passer d’un modèle transmissif, où le savoir est délivré par l’enseignant, à un dispositif centré sur l’apprentissage permettant à l’élève de construire ses connaissances – ce changement de posture fortement souhaité par nos inspecteurs et qui semble très moderne me fait invariablement penser à ce collègue qui, pour son plaisir, avait passé un CAP d’ébénisterie chez un compagnon.

« Le savoir ne se donne pas, il se vole »

avait-il appris alors. Cette idée du trésor dont il faut s’emparer et de l’effort et la ruse – l’intelligence – qu’il faut déployer pour y arriver me semble bien illustrer le constructivisme remis au goût du jour.  D’ailleurs, dans son modèle, Marcel Lebrun parle lui aussi de « chef d’œuvre » comme preuve ultime des compétences acquises par l’apprenti-apprenant.

Cet effort, indispensable à l’apprentissage, ne sera accepté que porté par la motivation. Des connaissances ancrées dans l’environnement social, culturel, et même géographique auront du sens pour l’apprenant ; et pourquoi pas envisager des scénarios à suspens, puisque la quête demande du courage (et alors, hop, on met l’enseignant dans le rôle de la bonne fée ou du génie qui sort de sa bouteille … hum, de quoi revaloriser la profession, ça !)

J’avais lu un article de Nicole Fodalle sur l’écriture d’un scénario où le héros affronte des épreuves pour accéder à l’objet de sa quête – non sans se faire aider par un guide qui l’aide à surmonter ses craintes – et finit son aventure transformé et vainqueur.

Schéma de Nicole Fodale

Schéma de Nicole Fodale

Pour en revenir à nos parcours numériques, nous avons essayer d’en analyser quelques uns et les avons situés finalement dans un modèle de dispositif – centrés plutôt sur le contenu ou plutôt sur l’apprentissage.

Nous avons réfléchi sur l’opportunité de scénariser des tâches complexes (1), où l’on retrouve les problématiques de la motivation : situation déclenchante, contexte proche des élèves – géographiquement ou culturellement -,  suspens… mais aussi ressources mises à disposition selon les besoins, interactions possibles avec l’enseignant et les pairs, et stratégies que l’élève est invité à créer ou à s’approprier.

A propos de la motivation, voir encore un commentaire de Marcel Lebrun (daté du 5 décembre 2013 à la suite de son billet de blog  » J’enseigne moins, ils apprennent mieux… »)
Il y est question d’environnement, de valeur accordé à la tâche, du sentiment de compétence et du contrôle que peut avoir l’élève sur l’issue de l’activité – entre autres.

Il a été question de contrat didactique à installer :  quelle est la finalité du travail ? Où se trouve la connaissance ? Est-ce l’objet de la quête ou la quête elle-même ? Peut-on donner la solution du problème dans le parcours et si oui comment ? A quelles conditions ? A quels risques ?

Nous en viendrons à parler d’outils, en particulier ceux disponible sur la plate-forme mise à notre disposition par l’académie, Chamilo (proche de Claroline).

  • Pour la transmission, les documents – avec la possibilité de les émailler d’exercices et tests pour évaluer la compréhension par exemple.
  • Pour l’incitation, les travaux, les exercices, les sondages – et l’agenda.
  • Pour l’interaction, les forums, le chat, le wiki et les groupes.

Image à la une : Wikimédia – Le calice d’Antioche

(1) Voir l’article « La tâche complexe pour acquérir des compétences« 

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4 Commentaires

La tâche complexe pour acquérir des compétences

« Aider les jeunes à formuler des questions plutôt que de les endiguer dans des réponses toutes faites. » A Roux

Dans un article de septembre, André Roux propose de coupler la pédagogie inversée (voir le diaporama d’une conférence de Marcel Lebrun) et l’apprentissage par enquête (présenté par Caroline Ladage et Yves Chevallard … à décoder !) pour favoriser l’engagement des apprenants dans la tâche complexe.

« La tâche complexe est une tâche mobilisant des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu…) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires…). » Groupe de travail de la DGESCO

Elle permet de mettre en œuvre des compétences (les fameuses compétences du socle commun, entre autres …)

Elle propose aux apprenants, « dans le cadre d’une situation concrète et nouvelle,

  • une consigne globale et précise: ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils  doivent produire sans indiquer comment s’y prendre.
  • des ressources  externes (internet, documents « papier », observations microscopiques , terrain…)
  • des aides pour ceux qui n’y parviennent pas (aides méthodologiques, cognitives, procédurales). »

 

Et maintenant, on joue :

  • la consigne serait de constituer votre EPA
  • vous trouverez des ressources … sur Internet (n’y trouve-t-on pas tout pour apprendre ?)
  • et oui, vous serez aidés : par des MOOCkitos !

Des « facilitateurs » vous proposeront des « cours » à consulter, et des temps de regroupement pour poser vos questions. (Mais pas de présentiel, sauf pour quelques citadins qui auront pris l’initiative de se retrouver.)

Vous vous êtes reconnus, ITyPAiennes et ITyPAiens ? Hou là là, toutes ces compétences acquises ! Au fait, lesquelles ? J’ai une petite idée, mais plus tard …