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Comprendre les nouveaux cheminements de l’information

C’est le titre de la conférence donnée par Benoît Califano, directeur de l’Ecole Supérieure de Journalisme, ce matin à Avignon, lors du 11eme « mardi de l’ORME« . (Avec la participation du CLEMI – logo en image à la une).

Encore une fois, j’étais imprégnée de l’expérience du MOOC et je n’ai pas pu empêcher mes neurones de faire des liens … en l’occurrence, des comparaisons entre l’évolution du métier de journaliste et celui d’enseignant. Voilà, ça commence :

Il y a toujours quelqu’un sur les lieux des faits …

… avec un téléphone portable à la main : photos, vidéos, tweets. L’information factuelle est maintenant à la disposition de tous, plus rapidement qu’avec les agences de presse … et gratuitement ! De notre côté, nous trouvons tout le savoir sur nos écrans, nous rappelle Michel Serres (conférence pour les 40 ans de l’INRIA en 2007).

Mais ce pourvoyeur d’information est un « rapporteur de faits« , pas un journaliste. Le journaliste est le médiateur qui va hiérarchiser, valider, recouper, mettre en perspective, bref, permettre de donner du sens à l’information. Et le professeur a bien la même mission avec ses élèves : avant tout, donner du sens à ce que l’on raconte, sinon, rien ne passe !

Des difficultés à exister encore ? Pas un constat d’échec, mais un nouveau défi !

Tous journalistes ? Non, mais il peut y avoir co-production de l’information avec les journalistes, les experts et les citoyens. Citoyens d’ITyPA, n’avez-vous pas co-produit des ressources ? (Et ce faisant, acquis des compétences …)


L’investigation revient au centre du métier de journaliste : ce difficile travail d’enquête – qui peut se faire sur le long terme – sera celui qui va « payer » (en terme de reconnaissance professionnelle mais aussi de rémunération). Et puis innover, inventer de nouvelles formes de narration, suivre le mouvement numérique sans perdre de vue les fondamentaux du journalisme, c’est la seule façon d’évoluer (et ne pas se contenter du « print to web »). Enseigner serait « organiser des dispositifs » (Marcel Lebrun) permettant l’apprentissage. Et il faut s’emparer des outils à notre disposition, parce qu’ils font partie de l’environnement « naturel » d’aujourd’hui, pour repenser les dispositifs – et pas seulement mettre ses cours en ligne.

Il n’existe pas de modèle économique adapté au numérique.

Benoît soulève là le grave problème de l’extinction d’une grande partie de la presse et les inquiétudes de la profession. Cela m’a rappelé le post de Rémi Bachelet « Mooc et gratuité » sur le forum d’ITyPA en préparation à la réunion du 13 décembre …

L’ESJ-Pro propose à ses journalistes en alternance 8 tâches transversales :

  • l’extension du domaine de sources – rester connectés en permanence. Et nous, on devrait bien se mettre sérieusement à la veille, si on veut rester au fait de l’actualité de notre discipline et des pédagogies.
  • le fact-checking – vérification des chiffres et des faits cités par les politiques. J’ai vu lors de certaine conférence ITyPAienne des messages confirmant les sources, les auteurs, les titres d’ouvrages en super live tweet de la mort qui tue …
  • la vérification des contenus amateurs : remonter l’origine des retweets, vérifier l’intégrité des images ; ajouter aux 5W (le questionnement du journaliste : who, what, where, when, why) le 3C (vérification du contenu, du contexte, du code). Je fais un tir groupé sur ces 2 dernières « tâches », intégrées pour nous dans l’éducation aux médias – domaine transversal qui appartient à tous les professeurs – donc trop souvent à aucun ! A quand une vraie intégration dans les programmes de ces enseignements transversaux (la culture numérique subit le même sort), avec des heures fléchées ?
  • l’édition, la publication de vidéos (puisque la vidéo aujourd’hui supplante le texte). L’an prochain, on nous remet les formations aux TICE  et l’éducation aux médias pour les enseignants ?
  • l’engagement – être au milieu de son public pour échanger, modérer, compléter son information. A nous le suivi en ligne … Quand j’ai demandé quelle part du temps de travail était consacrée à cette activité, il m’a répondu « 1/3 » : voilà donc ce qu’il faudrait prévoir dans une FOAD ? A moins de préférer le modèle de « flipped classrooms » (voir encore Marcel Lebrun) ?
  • l’apprentissage des langues – ou plutôt des langages, qui permettent de communiquer efficacement avec les informaticiens. Le but est ici de maîtriser les données. Perspective passionnante de se plonger dans les « open data » et remonter la chaîne de la connaissance (extraire les données qui ont du sens pour en faire de l’information, puis manipuler ces informations pour qu’elles deviennent des connaissances).
  • la maîtrise de l’indexation : être trouvable sur le web sans que l’on vous cherche – donner des titres explicites, des mots-clés dans le chapeau … Et construire une leçon claire pour en faciliter l’entendement.
  • le personnal branding – la e-réputation. Peut-être valable pour un chercheur ?

En conclusion, on assiste à une révolution économique, technologique et démocratique (ah bon, c’est partout, alors ?), où les médias professionnels d’information souhaitent communiquer avec des citoyens éclairés et exigeants – et pas de simples consommateurs d’info, des citoyens qui participeraient intelligemment à l’information. Michel Serres nous l’a dit aussi dans sa conférence (citée plus haut) : « ces nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents ! »


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Constituer son réseau : tourner autour du pot …

Je reviens sur la conférence de ce soir avec les commentaires dans tous les coins … il me faudrait un écran géant et 20 doigts ! J’ai l’impression de quitter une manif – vous savez, quand on n’arrive pas à se séparer tellement on a eu l’impression de vivre un moment fort ensemble …

Alors, cette histoire de réseau, moi, je me sens un peu à côté. Facebook, j’y suis entrée sur la pointe des pieds, bien qu’ayant 3 comptes … dont 2 juste pour tester de l’un à l’autre !  Franchement, je n’ai pas réussi à y trouver un réel intérêt – sauf à avoir un peu des nouvelles et des photos des uns et des autres. Mais je préfère la messagerie – vieille habitude, sans doute, et Google drive pour partager des fichiers – mais en privé seulement, et Picasa pour les photos, en privé aussi. Frileuse, quoi.

Twitter, donc. Un compte, 16 abonnements, quasiment rien écrit, et je vais jeter un coup d’œil de temps en temps (je suis franchement une passive, sur ce truc). De ce côté là, il y a du boulot ! A moins que je lui préfère SeenThis vanté par un collègue-copain-geek (merci Cyrille ;-)) , tout jeune apparemment donc pas encore bien abondé (pas Cyrille, le SeenThis), mais qui permet des passerelles assez intéressantes parait-il. (Mais là je ne suis pas sûre du KISS, tant apprécié des Itypaïennes et des Itypaïens, ne me dites pas le contraire !)

Rappel : KISS = Keep It Simple & Stupid … formule magique pour retenir le plus grand nombre.

Quand à Delicious, dont j’use et j’abuse, il y a belle lurette que je ne suis pas allée à la pêche aux liens via les tags communs. C’était au début, quand j’étais encore en manque. Maintenant, je fonctionne aux listes de discussion – professionnelles essentiellement – qui m’apportent beaucoup et je reste abonnée à quelques rares flux RSS triés sur le volet.

Et c’est là que je voulais en venir : bien sûr qu’il faut savoir ne pas tout prendre, mais il faut aussi avoir assez brassé pour pouvoir faire des choix pertinents. Je trouve qu’on n’a pas beaucoup parlé (ou bien ça m’a échappé) de l’expertise des auteurs, de la validation des sources, de la qualité des ressources. Et quand on n’a personne de confiance pour conseiller, commenter, proposer des références, c’est difficile de démarrer – et long, surtout. (Au fait, c’est bien le rôle du prof, ça, non ? ) Donc merci aux « animateurs » – nos experts – de nous avoir fourni ces références validées pour les thèmes abordés par le MOOC.  A nous, ensuite, de croiser les informations, faire des liens et scruter les sources pour nous faire une idée des fils à nouer. En laissant la place aux coups de cœur pour élargir notre horizon !

Finalement, ma communauté active aujourd’hui, c’est ITyPA.

Je garde précieusement les vidéos sur ma page ITyPA à pas, tous les blogs auxquels je suis abonnée sont bien au chaud dans mon reader et je colle ici l’adresse du Framapad des Framapads, témoins d’une activité franchement collaborative :

https://cmoocitypa.framapad.org/5?

Et de ma collection de documents récupérés au fil des semaines, je sors aujourd’hui la carte de la Nétiquette pour le travail collaboratif proposée par Gilles Le Page – merci Gilles !

Au moment où je finis cet article, je reçois la lettre ITyPA du 29 novembre … j’ai l’impression d’avoir répondu avant l’heure 🙂


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Question de compétences

J’y avais fait allusion à la fin de l’article sur la tâche complexe. C’est juste ici quelques notes, avant de creuser le sujet peut-être avec les moockitos qui vont s’y atteler.

Les compétences sont très à la mode dans le monde enseignant : on nous a imposé le fameux « socle commun » qui s’attache à valider des compétences, avec quelquefois des modifications des programmes, mais sans formation, et surtout sans changement des usages en classe.

Et essayez donc de dire aux parents qu’on ne met plus de notes …

Compétences, donc – je n’ai pas envie ici d’entrer dans les sables mouvants de la définition (voir JF Lévy – INRP), j’en garderai l’acception « ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être mobilisés pour agir et résoudre des problèmes dans un contexte particulier » (et je ne pourrai pas citer d’auteur, c’est un condensé de tellement de définitions disparates …)

Alors quelles compétences pour le MOOC ITyPA ?

On aimerait bien arriver à ce qui est proposé dans le stage animé par Christophe Deschamps à l’URFIST de Lyon autour du PKM

En tout cas, à mon avis, des savoir-faire autour des outils de veille, de recherche, de publication, de collaboration, de communication, mais aussi des savoir-être face à l’abondance et au tout-venant, aux relations avec les membres de la communauté, et enfin des savoirs qui s’engrangent au fil des ressources et des références proposées par les uns et les autres, voilà ce qu’on pourra en dégager.

Je profite de ce petit mot pour signaler cet excellent article sur affordance.info à propos de l’évolution de la recherche sur Internet : Olivier Ertzscheid explique l’apparition « d’un web socio-sémantique, alliant la puissance de la recommandation d’une audience « qualifiée » mais de manière non déterministe ( = mix moteurs et réseaux sociaux), la puissance d’une audience qualifiée bâtie empiriquement sur et autour d’une communauté d’intérêt ( = ceux qui me suivent sur Twitter et les gens que je « suis » également), et l’extraction de plus en plus fine et efficiente de données permettant des parcours sémantiques. » Il conclut par

« Des données, de la sémantique et des hommes. C’est peut-être cela le web 3.0. »

Image : académie de Grenoble


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Créer des réseaux de connaissance

Créer des réseaux de connaissance par le « tagging » : encore Marcel Lebrun !

Décidément, M@rcel est l’aboutissement de toutes mes veilles, l’incontournable des nouvelles technologies pour l’apprentissage

A l’intérieur d’une plate-forme d’e-learning (dédiée à une école par exemple), des liens peuvent se faire entre les articles déposés dans différentes disciplines par le biais des tags* (encore faut-il avoir une « bibliothèque » de tag communs, de façon à ce que ces liens se fassent réellement !) Et n’a-t-on pas évoqué depuis la deuxième conférence d’ITyPA ce rapport très fort entre l’apprentissage et les mises en relation des idées ?

Sur le MOOC, peut-être faudrait-il instaurer un moyen de faire aisément ces liens entre les différents dépôts des itypaiens  – j’ai vu qu’il avait été évoqué un Diigo commun, où l’on pourrait peut-être mettre en lien toutes les interventions et les taguer de façon à retrouver efficacement les réflexions des uns et des autres ? Les contributeurs déposerait systématiquement un signet dans Diigo à chaque nouvelle publication. Mea culpa, je n’ai pas œuvré dans ce sens … mais ne serait-ce pas là aussi un travail collaboratif ? (coopératif du côté de la mutualisation des articles ou des posts, collaboratif dans le tagging ?)

Ceci est une réaction « à chaud » après le visionnage de la vidéo déposée ci-dessus, et un échange avec des moockitas (on était 3 filles :-)) sur le pad #itypa « Comment collaborer ? »

*tag : marqueur sémantique ou lexical utilisé sur les sites dits de réseaux sociaux Web 2.0. (source : Wikipédia) Voir aussi « Les mots barbares » #itypa


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MOOC ITyPA, qu’est-ce donc ?

Petite présentation à destination de mes collègues de pagestec (une de mes « communautés » par laquelle j’apprends beaucoup !)

Un MOOC, c’est un Massive Open On line Course – un cours en ligne ouvert à tous. Wikipédia vous dira « Ces cours sont fondés sur la théorie de la connectivité et sur une pédagogique ouverte qui s’appuie sur des réseaux de contenus et d’individus ».

Imaginés et mis en œuvre par les les universités anglo-saxonnes, il sont tous en anglais – sauf un : le mooc ITyPA.

ITyPA (Internet, tout y est pour apprendre), MOOC de type connectiviste, est proposé par 4 professionnels de la formation à distance : Jean-Marie Gilliot, enseignant-chercheur en informatique à Télécom-Bretagne ; Anne-Céline Grolleau, responsable du dispositif mutualisé de formation, d’accompagnement et de valorisation « PédaTice » ; Christine Vaufrey, rédactrice en chef du magazine en ligne Thot Cursus ; Morgan Magnin, maître de conférences en informatique à l’École Centrale de Nantes.

« Le sujet de ce premier MOOC correspond à une analyse partagée du besoin d’accompagner les utilisateurs d’Internet (et entre autres les enseignants) à y développer leurs capacités d’apprentissage en réseau et à créer leur environnement personnel d’apprentissage. »

Le cours a commencé le 4 octobre et se terminera le 13 décembre. On peut s’inscrire quand on veut. Une fois par semaine, le jeudi de 18h à 19h, une conférence en ligne et en direct est proposée sur Youtube, autour d’une thématique (annoncée la semaine précédente) et avec un invité « pro ». A retrouver sur moocmooc-itypa-à-pas par exemple. Voilà le programme :

  • Semaine 1 : Introduction
  • Semaine 2 : L’environnement d’apprentissage personnel, à construire ensemble
  • Semaine 3 : Diriger soi-même sa formation
  • Semaine 4 : Recherche et veille documentaire
  • Semaine 5 : Partage d’expériences autour de la recherche documentaire
  • Semaine 6 : Apprentissage social
  • Semaine 7 : Découvrons les communautés qui nous entourent
  • Semaine 8 : Construire son réseau en ligne
  • Semaine 9 : Partage d’expériences
  • semaine 10 : Formation Tout au Long de la Vie



Les initiateurs du MOOC sont « animateurs » et chaque  membre inscrit peut être à la fois apprenant et personne ressource. Chacun est invité à partager ses réflexions, ses outils, ses compétences, ses travaux, ses interrogations, selon ses envies et ses besoins. Ouverture d’un blog, participation aux forums, aux tweets, à des écrits collaboratifs (cartes mentales, pads, wikis etc.) partage des flux RSS, lettre de diffusion – tout est bon pour rester connectés. Même une réunion au café du coin …

Pourquoi je me suis inscrite ? Par pure curiosité !

Pourquoi je continue ? C’est l’occasion de découvrir des pratiques intéressantes, des outils adaptés, des méthodes efficaces, des ressources passionnantes et enfin des personnes riches d’expériences et de réflexions qui résonnent et confortent ou font avancer ; ça grouille, ça vit, ça bouillonne – mais juste quand on en a envie …

Le sésame : #itypa …


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La tâche complexe pour acquérir des compétences

« Aider les jeunes à formuler des questions plutôt que de les endiguer dans des réponses toutes faites. » A Roux

Dans un article de septembre, André Roux propose de coupler la pédagogie inversée (voir le diaporama d’une conférence de Marcel Lebrun) et l’apprentissage par enquête (présenté par Caroline Ladage et Yves Chevallard … à décoder !) pour favoriser l’engagement des apprenants dans la tâche complexe.

« La tâche complexe est une tâche mobilisant des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu…) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires…). » Groupe de travail de la DGESCO

Elle permet de mettre en œuvre des compétences (les fameuses compétences du socle commun, entre autres …)

Elle propose aux apprenants, « dans le cadre d’une situation concrète et nouvelle,

  • une consigne globale et précise: ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils  doivent produire sans indiquer comment s’y prendre.
  • des ressources  externes (internet, documents « papier », observations microscopiques , terrain…)
  • des aides pour ceux qui n’y parviennent pas (aides méthodologiques, cognitives, procédurales). »

 

Et maintenant, on joue :

  • la consigne serait de constituer votre EPA
  • vous trouverez des ressources … sur Internet (n’y trouve-t-on pas tout pour apprendre ?)
  • et oui, vous serez aidés : par des MOOCkitos !

Des « facilitateurs » vous proposeront des « cours » à consulter, et des temps de regroupement pour poser vos questions. (Mais pas de présentiel, sauf pour quelques citadins qui auront pris l’initiative de se retrouver.)

Vous vous êtes reconnus, ITyPAiennes et ITyPAiens ? Hou là là, toutes ces compétences acquises ! Au fait, lesquelles ? J’ai une petite idée, mais plus tard …


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Le MOOC et la 3eme révolution industrielle

Je suis en train de lire la Troisième Révolution Industrielle de Jérémy Rifkin (je n’en suis qu’à la moitié …) – voir ce qu’en dit Framablog, par exemple.

On entrerait dans l’économie des réseaux – énergies, communications, transports partagés, marchés communautaires … les modes de vie seraient bouleversés, et l’éducation aussi bien sûr : le modèle transmissif (vertical, comme notre économie actuelle) – encore largement pratiqué, il faut bien le reconnaître – laisserait place à un modèle « distribué et coopératif ». C’est pas le MOOC, ça ?