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Michelange


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La pensée design au collège (2)

J’avais écrit une partie (1) l’an passé, voilà donc la partie (2), avec un bilan de ce qui s’est déroulé depuis. J’ai entre temps trouvé des raisons de persister dans mon projet d’introduire le design thinking au collège.

Préparation du terrain

La mise en projet des élèves – proposer un dispositif pour améliorer la vie – se fait à la suite de recherches sur des innovations technologiques existantes (exposés oraux par trinômes), afin de nourrir leur imagination. Ils ont aussi à s’interroger sur les attentes, les manques, les inconforts de leur entourage – et les leurs – dans un grand brainstorming en ligne.

Introduire le design thinking par l’histoire

J’ai suivi la progression proposée par F. Mauléon dans le MOOC Pensée Design de FBS. J’en ai profité pour faire un tour du côté de l’histoire des arts(cliquer sur l’image pour accéder au Prezi)

dt-innover

Les élèves prennent des notes pendant que je commente la présentation (en 3 fois) ; à chaque pause, chaque équipe (de 4 à 6 élèves) prépare 3 questions sur ce qui vient d’être dit ; les équipes jouent ensuite entre elles – ce qui me permet de savoir ce qui a été compris et retenu…

Chaque élève, à partir d’une documentation, doit construire une « frise chronologique du design » en notant les 3 époques et en repérant 3 créations qui leur paraissent importantes.

Travailler les étapes

Toute la démarche est expliquée et illustrée sur un parcours d’e-learning (sur la plate-forme en ligne Chamilo). Les attendus y sont clairement définis à chaque étape.

Les équipes se sont constituées autour d’une thématique (dégagée à la suite du brainstorming) : il est très difficile à ce premier stade de leur faire comprendre que ce que j’attends d’eux est l’expression d’un problème, et pas une solution ! Je leur demande de constituer un dossier (travail de veille) autour de la thématique afin qu’ils s’enferment le moins possible sur un produit unique. Dossier qu’ils reviendront régulièrement abonder tout au long du travail, enrichissant ainsi leur culture technologique.

La méthode des « 5 pourquoi » donne parfois lieu à des réflexions en profondeur qui m’enchantent ! (Un « pourquoi oublie-t-on », par exemple, amènera un groupe de filles à se plonger dans les neurosciences…)

Le brainstorming débridé des solutions décalées suscitera  quelques franches rigolades – on n’a pas de voisins, tant mieux ! (Vous auriez pensé, vous, à élever des insectes xylophages pour vous débarrasser de vos taillures de crayons sans déranger la classe ? hein ?)

Certains ont pris en main Sketchup 3D pour dessiner leur solution (j’ai toujours eu un ou deux « spécialistes » par classe qui allaient aider les moins avertis), d’autres ont directement attaqué le prototype au carton et au scotch  ou avec quelque matériau de récupération rapporté pour la circonstance. J’ai eu aussi quelques très beaux dessins – et tous ont adhéré au storytelling.

On n’a pas eu le temps d’aller très loin dans les réalisations, la fin de l’année étant toujours grignotée par les épreuves d’entrainement, les voyages, les jours fériés… Ils ont quand même eu le temps de présenter leur travail au reste de la classe.

Bilan et suite

L’expérience a été concluante, du point de vue de l’ouverture culturelle et de l’acquisition des compétences que j’avais visées (travail collaboratif, organisation du groupe, gestion du temps, autonomie et prise en main des outils numériques en particulier). Cela a été l’occasion pour certains élèves à l’esprit créatif mais pas forcément scolaire de retrouver confiance en eux.

Je recommence cette année, et je pense ajouter un glossaire (à co-construire) et imposer les thématiques autour du développement durable (et plus particulièrement les 17 objectifs pour 2030 données par l’ONU) et introduire la classe inversée (mais c’est tellement difficile d’obtenir de nos élèves en REP qu’ils utilisent leurs écrans pour le travail…)

Michelange


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Le Design Thinking en pédagogie

La pensée design (DT) est donc au goût du jour, et pas seulement pour l’entreprise…

Si j’avais été tellement séduite par la méthode – jusqu’à préparer un parcours pour la faire découvrir à mes élèves – à propos de la « réalisation sur projet » inscrite au programme de technologie en 3ème – il semble bien que c’est parce qu’elle répond vraiment à des besoins identifiés comme actuels et à venir. Les compétences que cela permet de développer sont celles qui sont attendues des nouveaux professionnels, comme je le sentais fortement en suivant les MOOCs proposés sur ce thème.

Aujourd’hui, je lis avec plaisir cet article du 9 septembre 2015 de Karine Aillerie pour l’Agence Nationale des usages des TICE, dont je reproduis un extrait ici :

« […] les auteurs plaidant pour une application de la méthodologie DT dans l’éducation pointent l’écart qui se creuse entre de fortes exigences académiques et sociales (compétences du 21e siècle) et l’absence de cadre formel qui permette concrètement aux enseignants de mettre en œuvre ces capacités (créativité, résolution de problèmes, communication, collaboration, gestion et traitement de l’information) et de les intégrer dans les objectifs disciplinaires (Scheer et al., 2012). Or, les compétences dites « du 21e siècle » ou compétences « clés » sont très directement liées au numérique et aux littératies conjointes (Binkley et al., 2012), mettant l’accent sur les capacités non seulement de lecture ou de consommation de l’information mais sur les compétences de production de contenus, de création et de participation, nécessaires à la vie professionnelle et citoyenne de l’usager numérique. Dépassant une maîtrise simplement procédurale des technologies, le DT est ainsi présenté par ces auteurs comme une solution possible pour former enseignants et élèves à résoudre des problèmes complexes, communiquer efficacement, maîtriser l’information, développer l’esprit critique, travailler en équipe, acquérir et produire des connaissances. Au-delà de l’acquisition de savoirs et de compétences relatifs à telle ou telle discipline, ces auteurs plaident également pour le développement d’une posture susceptible d’aider élèves et professeurs à utiliser les TICe en situation réelle et à faire du lien entre les disciplines.[…] »

Si on n’est pas dans la logique des EPI*, là…

*Enseignements Pratiques Interdisciplinaires : c’est nouveau, ça va sortir dès la rentrée 2016.

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3 Commentaires

Question de compétences

J’y avais fait allusion à la fin de l’article sur la tâche complexe. C’est juste ici quelques notes, avant de creuser le sujet peut-être avec les moockitos qui vont s’y atteler.

Les compétences sont très à la mode dans le monde enseignant : on nous a imposé le fameux « socle commun » qui s’attache à valider des compétences, avec quelquefois des modifications des programmes, mais sans formation, et surtout sans changement des usages en classe.

Et essayez donc de dire aux parents qu’on ne met plus de notes …

Compétences, donc – je n’ai pas envie ici d’entrer dans les sables mouvants de la définition (voir JF Lévy – INRP), j’en garderai l’acception « ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être mobilisés pour agir et résoudre des problèmes dans un contexte particulier » (et je ne pourrai pas citer d’auteur, c’est un condensé de tellement de définitions disparates …)

Alors quelles compétences pour le MOOC ITyPA ?

On aimerait bien arriver à ce qui est proposé dans le stage animé par Christophe Deschamps à l’URFIST de Lyon autour du PKM

En tout cas, à mon avis, des savoir-faire autour des outils de veille, de recherche, de publication, de collaboration, de communication, mais aussi des savoir-être face à l’abondance et au tout-venant, aux relations avec les membres de la communauté, et enfin des savoirs qui s’engrangent au fil des ressources et des références proposées par les uns et les autres, voilà ce qu’on pourra en dégager.

Je profite de ce petit mot pour signaler cet excellent article sur affordance.info à propos de l’évolution de la recherche sur Internet : Olivier Ertzscheid explique l’apparition « d’un web socio-sémantique, alliant la puissance de la recommandation d’une audience « qualifiée » mais de manière non déterministe ( = mix moteurs et réseaux sociaux), la puissance d’une audience qualifiée bâtie empiriquement sur et autour d’une communauté d’intérêt ( = ceux qui me suivent sur Twitter et les gens que je « suis » également), et l’extraction de plus en plus fine et efficiente de données permettant des parcours sémantiques. » Il conclut par

« Des données, de la sémantique et des hommes. C’est peut-être cela le web 3.0. »

Image : académie de Grenoble