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"La démocratie des crédules"

 Gérald Bronner  invité des matins de France culture le 7 mars 2013.

Connaissance et crédulité ne sont pas des vases communicants : la croissance de la connaissance n’entraîne pas la décroissance de la croyance.
Internet produit de l’information – vraie ou fausse – et favorise la croyance plus que la connaissance. C’est pour les indécis que c’est problématique : les croyants (de théories magiques voire farfelues – théories du complot) sont beaucoup plus prolixes parce que plus motivés – et convaincants – que les non-croyants qui n’ont pas consacré de temps à trouver des contre arguments.  "Tout ne peut pas être faux" est l’argument phare du croyant. Il est beaucoup plus difficile de prouver que quelque chose n’existe pas plutôt que quelque chose existe.
Le "biais de confirmation" pousse à creuser un sillon pré-établi selon ses convictions, et non à chercher la controverse qui nous enrichirait. Internet et ses moteurs de recherche confortent ce biais.
La porte de l’offre sur le marché des idées s’ouvre à tous ; elle n’est plus réservée à des spécialistes. Les outils participatifs permettent la mutualisation de la connaissance, mais aussi de l’erreur ! On observe une tendance à mettre sur le même pied d’égalité le citoyen et l’expert.
Les scientifiques n’ont plus le temps de revenir sur leurs hypothèses erronées. L’information se diffuse dans le public, et même si elle est démentie, le phénomène de rémanence peut la rendre dangereuse.
La temporalité de la science n’est pas celle du traitement médiatique. Le professionnel n’a plus le temps de vérifier ses informations.
Sagesse et déraison des foules.
L’offre s’indexe sur l’anticipation de la demande ; la tentation est forte, même pour les professionnels de l’information, de traiter le buzz.
"La concurrence sert le vrai, trop de concurrence le dessert. Les professionnels de l’information sont devenus les otages des fabricants de rumeurs."
Voir le film de William Karel, "Opération lune", où Kubrik tourne le faux film des premiers pas sur la lune, commandé par la CIA (canular bien monté ; voir http://www.arte.tv/fr/accueil/recherche/385490.html ). Voir aussi http://paranomagazine.blogspot.fr , dont les articles sont parfois repris au premier degré pour servir des croyances déraisonnables.
L’exercice de l’esprit critique induit la mise en œuvre d’une démarche scientifique qui aboutit à la recherche de la "parcimonie conceptuelle".
Cependant,  crédulité et bêtise ne sont pas liées : le niveau d’études n’est pas corrélé à la non crédulité !
rubus_m


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ITyP-Après, c’est déjà …

Et maintenant, que nous sommes orphelins de MOOC, il va falloir s’émanciper.

Dans les prévisions :

Côté professionnel, j’ai déjà mis mes ados sur des wiki pour travailler par 3 sur un projet de recherche. Dénicher, valider l’information, puis la réécrire pour la présenter – avec un passage du côté de l’analyse des sources et de la citation – rien que de très classique.  Les faire travailler autrement parce les outils le permettent, ça l’est moins. Bon, ça fait un peu de bruit (pas les moyens d’avoir une machine par élève), mais on joue la "négociation des arguments" quand le travail se fait en classe.

Tiens donc, moi, j’apprends bien comme ça …

Après, on fait un  petit tour du côté des outils de présentation et des règles de communication (travail sur les visuels, notamment). Et on utilisera un compte Scoop It pour faire un peu de veille.

Une autre classe a testé (et adoré) le Framapad pour construire un petit glossaire des mots de l’Opéra (ils ont visité le bâtiment et rencontré des professionnels la semaine d’avant, après avoir assisté à la générale de la Traviata). Ils n’ont pas trainé à trouver le chat dans le coin … mais la page était quand même toute colorée, et ça, c’est plutôt bon signe :-)

Avec les mêmes, on va tenter l’aventure du web-documentaire. A découvrir d’abord, et construire ensuite (oh, modestement, hein !) Le travail du son est déjà entamé : on a quelques prises faites lors de sorties, et ils ont préparé des textes pour s’enregistrer eux-mêmes. Prochaine étape, la vidéo, puis il faudra tricoter une histoire pour lier tout ça (on a du choix, il ne sera que de se décider).

Ah, les cartes pour faire les synthèses – pour le moment, c’est tout papier-crayon, mais on va faire numérique pour pouvoir modifier facilement.

Côté personnel, je finis les "Modèles de jeux en formation", j’ai sous le coude un ouvrage de Bruno Hourst et plein de documents numériques sur les intelligences multiples à éplucher. Il faut aussi que je fasse un tout du côté du développement personnel.

J’ai aussi tous les poteaux à suivre sur leurs blogs, leurs tweets, leurs pinterests et autres paper.li – en j’en passe ; et ça occupe bien (avec quelques chantiers dans lesquels je mets les pieds régulièrement, même si je n’y laisse pas mes traces …)

Et puis encore quelques outils à apprivoiser : je n’ai pas fait le tour des possibilités d’Evernote, il ne m’est pas familier et pourtant, j’ai le sentiment que c’est ce qui me serait le plus utile. Mettre les doigts dans le HTML5 et CSS3 : Yapluka.

J’ai toujours sous le coude la troisième révolution industrielle – il faut que je finisse ma carte – et je continue la veille, en croisant les champs d’application.

Et surtout, l’urgence : les cadeaux de Naouel !

gusClemi200


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Comprendre les nouveaux cheminements de l’information

C’est le titre de la conférence donnée par Benoît Califano, directeur de l’Ecole Supérieure de Journalisme, ce matin à Avignon, lors du 11eme "mardi de l’ORME". (Avec la participation du CLEMI – logo en image à la une).

Encore une fois, j’étais imprégnée de l’expérience du MOOC et je n’ai pas pu empêcher mes neurones de faire des liens … en l’occurrence, des comparaisons entre l’évolution du métier de journaliste et celui d’enseignant. Voilà, ça commence :

Il y a toujours quelqu’un sur les lieux des faits …

… avec un téléphone portable à la main : photos, vidéos, tweets. L’information factuelle est maintenant à la disposition de tous, plus rapidement qu’avec les agences de presse … et gratuitement ! De notre côté, nous trouvons tout le savoir sur nos écrans, nous rappelle Michel Serres (conférence pour les 40 ans de l’INRIA en 2007).

Mais ce pourvoyeur d’information est un "rapporteur de faits", pas un journaliste. Le journaliste est le médiateur qui va hiérarchiser, valider, recouper, mettre en perspective, bref, permettre de donner du sens à l’information. Et le professeur a bien la même mission avec ses élèves : avant tout, donner du sens à ce que l’on raconte, sinon, rien ne passe !

Des difficultés à exister encore ? Pas un constat d’échec, mais un nouveau défi !

Tous journalistes ? Non, mais il peut y avoir co-production de l’information avec les journalistes, les experts et les citoyens. Citoyens d’ITyPA, n’avez-vous pas co-produit des ressources ? (Et ce faisant, acquis des compétences …)


L’investigation revient au centre du métier de journaliste : ce difficile travail d’enquête – qui peut se faire sur le long terme – sera celui qui va "payer" (en terme de reconnaissance professionnelle mais aussi de rémunération). Et puis innover, inventer de nouvelles formes de narration, suivre le mouvement numérique sans perdre de vue les fondamentaux du journalisme, c’est la seule façon d’évoluer (et ne pas se contenter du "print to web"). Enseigner serait "organiser des dispositifs" (Marcel Lebrun) permettant l’apprentissage. Et il faut s’emparer des outils à notre disposition, parce qu’ils font partie de l’environnement "naturel" d’aujourd’hui, pour repenser les dispositifs – et pas seulement mettre ses cours en ligne.

Il n’existe pas de modèle économique adapté au numérique.

Benoît soulève là le grave problème de l’extinction d’une grande partie de la presse et les inquiétudes de la profession. Cela m’a rappelé le post de Rémi Bachelet "Mooc et gratuité" sur le forum d’ITyPA en préparation à la réunion du 13 décembre …

L’ESJ-Pro propose à ses journalistes en alternance 8 tâches transversales :

  • l’extension du domaine de sources – rester connectés en permanence. Et nous, on devrait bien se mettre sérieusement à la veille, si on veut rester au fait de l’actualité de notre discipline et des pédagogies.
  • le fact-checking – vérification des chiffres et des faits cités par les politiques. J’ai vu lors de certaine conférence ITyPAienne des messages confirmant les sources, les auteurs, les titres d’ouvrages en super live tweet de la mort qui tue …
  • la vérification des contenus amateurs : remonter l’origine des retweets, vérifier l’intégrité des images ; ajouter aux 5W (le questionnement du journaliste : who, what, where, when, why) le 3C (vérification du contenu, du contexte, du code). Je fais un tir groupé sur ces 2 dernières "tâches", intégrées pour nous dans l’éducation aux médias – domaine transversal qui appartient à tous les professeurs – donc trop souvent à aucun ! A quand une vraie intégration dans les programmes de ces enseignements transversaux (la culture numérique subit le même sort), avec des heures fléchées ?
  • l’édition, la publication de vidéos (puisque la vidéo aujourd’hui supplante le texte). L’an prochain, on nous remet les formations aux TICE  et l’éducation aux médias pour les enseignants ?
  • l’engagement – être au milieu de son public pour échanger, modérer, compléter son information. A nous le suivi en ligne … Quand j’ai demandé quelle part du temps de travail était consacrée à cette activité, il m’a répondu "1/3" : voilà donc ce qu’il faudrait prévoir dans une FOAD ? A moins de préférer le modèle de "flipped classrooms" (voir encore Marcel Lebrun) ?
  • l’apprentissage des langues – ou plutôt des langages, qui permettent de communiquer efficacement avec les informaticiens. Le but est ici de maîtriser les données. Perspective passionnante de se plonger dans les "open data" et remonter la chaîne de la connaissance (extraire les données qui ont du sens pour en faire de l’information, puis manipuler ces informations pour qu’elles deviennent des connaissances).
  • la maîtrise de l’indexation : être trouvable sur le web sans que l’on vous cherche – donner des titres explicites, des mots-clés dans le chapeau … Et construire une leçon claire pour en faciliter l’entendement.
  • le personnal branding – la e-réputation. Peut-être valable pour un chercheur ?

En conclusion, on assiste à une révolution économique, technologique et démocratique (ah bon, c’est partout, alors ?), où les médias professionnels d’information souhaitent communiquer avec des citoyens éclairés et exigeants – et pas de simples consommateurs d’info, des citoyens qui participeraient intelligemment à l’information. Michel Serres nous l’a dit aussi dans sa conférence (citée plus haut) : "ces nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents !"

coluche


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C’est l’histoire d’un MOOC …

D’un MOOC, heu, normal le MOOC. Passe que y’a deux sortes de MOOC …

Le nôtre (et oui, après 9 semaines, c’est devenu NOTRE MOOC !), c’est un cMOOC, de la sorte "connectiviste", où chacun apprend des autres, où l’on met en pratique le fameux "à plusieurs, on est plus intelligents" (rien que pour faire mentir Brassens), où, même si on est régulièrement secoués par les événements, il fait bon apprendre.

Pourquoi secoués ? Parce que c’est déroutant de se rendre compte que les pratiques auxquelles on était habitués sont devenues obsolètes, que le monde change et que si on ne l’écoute pas, on restera au bord de la route (ou sur le pont de l’Alma sans ses lunettes, à regarder couler la Loire …) De toute façon, il paraît (le MOOC me l’a redit) que pour apprendre, il faut avoir été déstabilisé.

Déstabilistation cognitive pour avoir ensuite la récompense de l’apprentissage – endorphine, merci mon cerveau, et comprenez pourquoi on devient accro ! Je peux dire, en accord avec les neurosciences, que je me suis fait plaisir, depuis le début du mois d’octobre …

Plaisir d’apprendre, certes – creuser les questionnements pédagogiques en faisant un tour par la neuroéducation, en découvrant les jeux-cadre de Thiagi (merci Bernard) et les intelligences multiples développées par Howard Gardner, en faisant son monsieur Jourdain avec les "flipped classroom" présentées par Marcel Lebrun – et tisser des liens sur mon sujet d’étude actuel, la troisième révolution industrielle de Jérémy Rifkin. Mais aussi plaisir de jouer avec les applications du web, et surtout, plaisir des rencontres, fussent-elles virtuelles, avec les compagnons de route du MOOC au détour d’une page commune ou d’un commentaire, et avec les partageux du savoir qui laissent à découvrir librement leur réflexion sur Internet.

Petit regret, celui de n’avoir pas pu plus embrasser, faute de temps et d’efficacité sans doute aussi.

En tout cas, ravie d’avoir participé à l’aventure ! Merci à tous.

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Constituer son réseau : tourner autour du pot …

Je reviens sur la conférence de ce soir avec les commentaires dans tous les coins … il me faudrait un écran géant et 20 doigts ! J’ai l’impression de quitter une manif – vous savez, quand on n’arrive pas à se séparer tellement on a eu l’impression de vivre un moment fort ensemble …

Alors, cette histoire de réseau, moi, je me sens un peu à côté. Facebook, j’y suis entrée sur la pointe des pieds, bien qu’ayant 3 comptes … dont 2 juste pour tester de l’un à l’autre !  Franchement, je n’ai pas réussi à y trouver un réel intérêt – sauf à avoir un peu des nouvelles et des photos des uns et des autres. Mais je préfère la messagerie – vieille habitude, sans doute, et Google drive pour partager des fichiers – mais en privé seulement, et Picasa pour les photos, en privé aussi. Frileuse, quoi.

Twitter, donc. Un compte, 16 abonnements, quasiment rien écrit, et je vais jeter un coup d’œil de temps en temps (je suis franchement une passive, sur ce truc). De ce côté là, il y a du boulot ! A moins que je lui préfère SeenThis vanté par un collègue-copain-geek (merci Cyrille ;-) ) , tout jeune apparemment donc pas encore bien abondé (pas Cyrille, le SeenThis), mais qui permet des passerelles assez intéressantes parait-il. (Mais là je ne suis pas sûre du KISS, tant apprécié des Itypaïennes et des Itypaïens, ne me dites pas le contraire !)

Rappel : KISS = Keep It Simple & Stupid … formule magique pour retenir le plus grand nombre.

Quand à Delicious, dont j’use et j’abuse, il y a belle lurette que je ne suis pas allée à la pêche aux liens via les tags communs. C’était au début, quand j’étais encore en manque. Maintenant, je fonctionne aux listes de discussion – professionnelles essentiellement – qui m’apportent beaucoup et je reste abonnée à quelques rares flux RSS triés sur le volet.

Et c’est là que je voulais en venir : bien sûr qu’il faut savoir ne pas tout prendre, mais il faut aussi avoir assez brassé pour pouvoir faire des choix pertinents. Je trouve qu’on n’a pas beaucoup parlé (ou bien ça m’a échappé) de l’expertise des auteurs, de la validation des sources, de la qualité des ressources. Et quand on n’a personne de confiance pour conseiller, commenter, proposer des références, c’est difficile de démarrer – et long, surtout. (Au fait, c’est bien le rôle du prof, ça, non ? ) Donc merci aux "animateurs" – nos experts – de nous avoir fourni ces références validées pour les thèmes abordés par le MOOC.  A nous, ensuite, de croiser les informations, faire des liens et scruter les sources pour nous faire une idée des fils à nouer. En laissant la place aux coups de cœur pour élargir notre horizon !

Finalement, ma communauté active aujourd’hui, c’est ITyPA.

Je garde précieusement les vidéos sur ma page ITyPA à pas, tous les blogs auxquels je suis abonnée sont bien au chaud dans mon reader et je colle ici l’adresse du Framapad des Framapads, témoins d’une activité franchement collaborative :

https://cmoocitypa.framapad.org/5?

Et de ma collection de documents récupérés au fil des semaines, je sors aujourd’hui la carte de la Nétiquette pour le travail collaboratif proposée par Gilles Le Page – merci Gilles !

Au moment où je finis cet article, je reçois la lettre ITyPA du 29 novembre … j’ai l’impression d’avoir répondu avant l’heure :-)

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