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Michelange


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La pensée design au collège (1)

Le cours est en phase d’élaboration – de cogitation intense, en fait, de contacts de ci de là, mais ça mûrit comme une brioche qui lève… bref, je tiens le levain bien au chaud et je le nourris autant que possible.

Il est destiné à des élèves de 3ème, dans le cadre du programme de technologie qui se décline autour d’une "réalisation collective sur projet" d’un "produit pluri-technologique" et d’un "média numérique associé au projet".

L’élève doit "mettre en œuvre la démarche technologique" intégrant notamment la "démarche de résolution de problèmes".

En matière de gestion de projet, les outils préconisés paraissent un peu dépassés (les programmes sont en voie de refondation) et s’il faut en croire les industriels avec qui j’ai eu l’occasion de discuter, la démarche de projet a évolué – et dans un sens qui m’intéresse. En effet, je cherche de quoi mieux impliquer les élèves, les stimuler, les mettre dans des conditions de communications multiples – autant en présence qu’à distance – leur redonner le goût de créer et surtout d’avoir du plaisir à apprendre.

J’en suis là de ma réflexion quand je (re)tombe sur le travail de Denis Cristol : moi qui pensais être originale :-)

Ma réflexion a dû se nourrir inconsciemment de tous ces écrits et dits que j’ai rencontrés depuis que suis des MOOCs divers et variés : suite à celui sur la pensée design proposé par FBS, j’ai entretenu des liens avec divers participants qui m’ont encouragée et continuent de m’éclairer. Merci à Pierre Verscheure en particulier qui m’a conduite à Aschoka, où j’ai retrouvé toutes les valeurs qui me meuvent actuellement, et m’a fourni des pistes pédagogiques très concrètes  et très intéressantes pour construire mon cours.

L’air du temps ?

Je vois au quotidien mes élèves vivre (par procuration ?) à travers les applications de leurs appareils numériques – SMS, jeux vidéos, réseaux sociaux – et s’enfermer sur eux-mêmes.  A travers leurs pratiques, ils communiquent avant tout avec eux-mêmes et n’ont plus de curiosité vraie pour leur voisin. Et voilà une compétence que j’aimerais qu’ils développent (et souvent découvrent !) : l’empathie. La créativité leur fait aussi cruellement défaut. Le système éducatif est sévèrement accusé de brider – voire tuer – cette énergie chez nos enfants. Réveillons-la !

Je trouve dans la pensée design de quoi proposer un enseignement différent, tout en respectant (à peu près…) ce qu’impose l’institution. Mon but étant bien sûr d’aider ces adultes en devenir à se construire pour la société de demain, sans prosélytisme, mais en leur donnant le maximum de chances de pouvoir évoluer et faire évoluer leur environnement.

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ITyPA 3, nous voilà !

Promesse de belles rencontres, d’ouverture sur le monde – numérique mais pas que – de voyage dans la francophonie, bref d’aventures passionnantes, ITyPA concocte sa saison 3. Pour un démarrage en octobre, soyons sur les starting blocs début septembre pour l’inscription, et en attendant, on peut toujours suivre sur le blog les nouvelles qui nous sont distillées.

C’est par là que ça se passe… http://itypa.net

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Ressources Educatives Libres

Un travail n’a d’intérêt que s’il est partagé.

C’est ce que je réponds aux frileux qui hésitent à mettre en commun le fruit de leurs cogitations au prétexte qu’on pourrait piller leurs idées… Et tant qu’à avoir planché sur un sujet des heures carrées, autant que le boulot serve à un maximum de personnes. J’utilise en général la licence Creative Commons By-Nc-Sa.

J’utilise toujours en priorité les logiciels libres – et si mon OS ne l’est pas, c’est pour garder un environnement informatique compatible avec celui de mon établissement.

Enfin, la réflexion sur l’utilisation éducative de l’open data publique en France a été amorcée – j’ai eu l’occasion de participer à un atelier proposé lors des rencontres de l’ORME 2013 à Marseille sur ce sujet.

Photo : sur Pixabay

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Identité(s) numérique(s)

L’identité numérique, un sujet qui prend de plus en plus d’importance depuis 4 – 5 ans, y compris dans l’éducation.

Si l’institution affiche dans ses priorités de "faire entrer l’école dans l’ère du numérique", les modalités, elles  – notamment en termes de fléchages horaire et disciplinaire – ne sont pas encore clarifiées. Alors que faire avec les élèves ? Ignorer parce que ce n’est pas dans les programmes ? Exposer tous les dangers pour éveiller les consciences au "sécuritaire" ? Monter comment se mettre en valeur (comme un produit) pour trouver un employeur ?

Identité(s) numérique(s), de quoi parle-t-on ?

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L’identité numérique, c’est finalement ce qu’Internet retient de nous. Et parce que nos données intéressent les firmes – qui en vivent – elles sont recueillies, compilées, comparées, hiérarchisées jusqu’à ce qu’un profil en émerge ; et c’est le résultat de ce calcul (numérique) qui devrait nous rendre prévisibles donc ciblés – et criblés de publicité.

Et dans le détail ?

L’identité, ce sont les données personnelles, celles qui permettent justement de nous identifier. Aujourd’hui, avec les systèmes de recoupement des informations, toutes les données sont personnelles ! Ce sont les traces que nous laissons sitôt que nous mettons un doigt sur la toile (pourtant, je me suis lavé les mains, hein ?)

    • les données techniques et navigationnelles : l’adresse IP, les cookies, la géolocalisation, l’OS et le navigateur, les requêtes, les types d’achat et  autres journaux de connexion… A vérifier avec la CNIL - http://www.cnil.fr/vos-droits/vos-traces/  ; tester sa "signature" sur le web avec tahitidocs et pour bien paramétrer le smartphone, toujours la CNIL ! Ce sont des traces "passives" –  de celles qu’on a du mal à percevoir, donc à maîtriser.
    • les données déclaratives : nom, adresse, date de naissance, téléphone, mais aussi pseudo, photo, avatar, amis et groupes… tout ce qu’on met sur un réseau social, par exemple, mais aussi sur des formulaires d’inscription (à des des forums, des sites marchands, des jeux). Ces informations, que nous livrons (plus ou moins innocemment) sont enregistrées dans le Big Data et revendues sur le marché.

Sur Internet, si c’est gratuit, c’est VOUS le produit ! Un film ADESIAS (agence de communication audiovisuelle)

Et il y a tout ce que nous publions – textes, images, vidéos – et ce que nous commentons, que nous partageons ou que nous évaluons.  Cela fait partie de la construction "active" de notre présence numérique (telle que la définit Louise Merzeau : voir son intervention sur le MOOC ITYPA2), laquelle a une autre "épaisseur" que l’identité numérique – profil majuscule de l’individu "documentarisé" comme le souligne Olivier Ertzscheid – URFIST de Rennes ("L’homme est un document comme les autres" – indexable, cherchable, profilable, monétisable…)

Pyramide_traçabilitéIl faut avoir conscience que tout ce qui est mis sur Internet ne peut être rattrapé. (Et si on vous le fait croire – et payer – on vous ment !) Voir 2 vidéos du projet canadien français Ado parlons santé : "N’oublie pas… une fois affiché, c’est permanent!" et "Vis avec les conséquences… tu ne peux pas reprendre ce que tu as écrit."

Anticipons l’avenir – et posons-nous la question du préjudice (pour les autres, mais aussi pour nous, maintenant et pour plus tard)  : voir une vidéo interactive de la CNIL pour illustrer cette notion.

Et n’oublions pas ce que les autres publient sur nous et qui nous échappe encore plus ! (Il est possible de faire une veille sur son nom en lançant une requête dans les moteurs spécialisés comme 123people ou Webmii ou tout simplement sur Google).

Vie privée (d’intimité), vie professionnelle

Pour préserver sa vie privée, éviter de tout rendre public : voir par exemple les conseils pour paramétrer Facebook (dont les conditions générales d’utilisation changent régulièrement – il est bon de faire aussi une veille sur cette question) – ici donnés sur le site Soyez net sur le Net proposé par la mairie de Paris. C’est une façon de garder la main sur son "image". Voir également la campagne de Action innocence (ONG suisse) : "Ne laisse pas ton image t’échapper".

Mais une absence d’image est aussi néfaste qu’une image dégradée pour une recherche d’emploi (sur le jeu sérieux "Fred et le chat démoniaque", accessible sur Internet Sans Crainte, verrouiller complètement son compte et ne rien donner à voir… fait perdre !) Une autre façon de soigner sa e-réputation, c’est de présenter son CV en ligne. Là, on peut carrément tomber dans le marketing de soi (personnal branding), comme sur les conseils de l’équipe de CommentCaMarche.com, ou, moins agressives, les fiches ressource de Habilomedia (le centre canadien d’éducation aux médias et littératie numérique).

Et pour bien séparer le personnel du professionnel, on peut toujours utiliser les pseudo et autres avatars…

Quel avenir pour l’identité numérique ?

Aujourd’hui, la loi protège la vie privée (Article 9 du code civil). Mais on voit bien toutes les difficultés qu’elle a à s’appliquer. Les citoyens de demain auront à prendre des décisions, accompagner l’évolution des technologies, réfléchir à ce qu’ils souhaitent faire de cet environnement numérique qui envahit tous les espaces.

Le site Internet Sans Crainte propose une réflexion citoyenne active sous forme de vote, avec ressources pour se documenter et argumenter : l’isoloir – avec un atelier sur l’identité numérique.

Des pistes pédagogiques

Pour préparer un travail avec les collégiens et les lycéens, on trouve sur la toile des ressources et réflexions (sites – docpourdocs,  documents – mémotices sur Ctoutnet, conférences, compte-rendus d’ateliers – récit) mais aussi des séances qui ont été testées – notamment par des professeurs documentalistes. Aller au-delà du sécuritaire avec "L’odysée d’LN", résoudre un problème sur une étude de cas… Et la compilation de la plupart des sites notés sur cet article, et d’autres sur pearltrees.

A vous de choisir :

  • donner à regarder, écouter, lire
  • demander une analyse, individuelle ou collective, plus ou moins guidée
  • proposer d’évaluer, d’argumenter, de prendre position
  • oser la création, l’immersion, l’implication

Pour conclure, et aller dans le sens de Louise Merzeau, il s’agit de reprendre la main sur ses données personnelles, sans chercher à effacer les traces qui ne représentent plus notre personne d’aujourd’hui, mais en les contextualisant (et en les assumant), et en déposant des "traces réfléchies" (quoi, où, pourquoi ?) le plus tôt possible, et développer une "citoyenneté numérique" qui permette aux jeunes de construire une identité numérique positive, dans le respect d’eux-mêmes et des autres.

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Parcours numériques d’apprentissage

Engagée dans un groupe de travail sur les Parcours numériques d’apprentissage (pour le secondaire) d’une part et inscrite au MOOC eLearn² de Marcel Lebrun et Christophe Batier (conception d’un dispositif de formation en ligne – notamment pour l’enseignement supérieur) d’autre part,  je vais essayer de faire des liens entre ces deux axes de réflexion. 

D’abord, il m’apparaît que tous deux s’inscrivent dans un dispositif pédagogique ; Marcel Lebrun le définit comme un ensemble :

  • de ressources (internes – ce qui est acquis et externe – informations mises à disposition)
  • de stratégies – celles proposées par l’enseignant, celles inventées par l’apprenant
  • de méthodes génératrices d’activités
  • d’ acteurs

interagissant dans un contexte donné pour atteindre un but qui devrait être de "permettre à l’élève d’apprendre quelque chose".

Il propose un "modèle pragmatique d’apprentissage", qu’il détaille et commente dans un article de son blog : 5 facettes pour construire un dispositif hybride : du concret.

Passer d’un modèle transmissif, où le savoir est délivré par l’enseignant, à un dispositif centré sur l’apprentissage permettant à l’élève de construire ses connaissances – ce changement de posture fortement souhaité par nos inspecteurs et qui semble très moderne me fait invariablement penser à ce collègue qui, pour son plaisir, avait passé un CAP d’ébénisterie chez un compagnon.

"Le savoir ne se donne pas, il se vole"

avait-il appris alors. Cette idée du trésor dont il faut s’emparer et de l’effort et la ruse – l’intelligence – qu’il faut déployer pour y arriver me semble bien illustrer le constructivisme remis au goût du jour.  D’ailleurs, dans son modèle, Marcel Lebrun parle lui aussi de "chef d’œuvre" comme preuve ultime des compétences acquises par l’apprenti-apprenant.

Cet effort, indispensable à l’apprentissage, ne sera accepté que porté par la motivation. Des connaissances ancrées dans l’environnement social, culturel, et même géographique auront du sens pour l’apprenant ; et pourquoi pas envisager des scénarios à suspens, puisque la quête demande du courage (et alors, hop, on met l’enseignant dans le rôle de la bonne fée ou du génie qui sort de sa bouteille … hum, de quoi revaloriser la profession, ça !)

J’avais lu un article de Nicole Fodalle sur l’écriture d’un scénario où le héros affronte des épreuves pour accéder à l’objet de sa quête – non sans se faire aider par un guide qui l’aide à surmonter ses craintes – et finit son aventure transformé et vainqueur.

Schéma de Nicole Fodale

Schéma de Nicole Fodale

Pour en revenir à nos parcours numériques, nous avons essayer d’en analyser quelques uns et les avons situés finalement dans un modèle de dispositif – centrés plutôt sur le contenu ou plutôt sur l’apprentissage.

Nous avons réfléchi sur l’opportunité de scénariser des tâches complexes (1), où l’on retrouve les problématiques de la motivation : situation déclenchante, contexte proche des élèves – géographiquement ou culturellement -,  suspens… mais aussi ressources mises à disposition selon les besoins, interactions possibles avec l’enseignant et les pairs, et stratégies que l’élève est invité à créer ou à s’approprier.

A propos de la motivation, voir encore un commentaire de Marcel Lebrun (daté du 5 décembre 2013 à la suite de son billet de blog " J’enseigne moins, ils apprennent mieux…")
Il y est question d’environnement, de valeur accordé à la tâche, du sentiment de compétence et du contrôle que peut avoir l’élève sur l’issue de l’activité – entre autres.

Il a été question de contrat didactique à installer :  quelle est la finalité du travail ? Où se trouve la connaissance ? Est-ce l’objet de la quête ou la quête elle-même ? Peut-on donner la solution du problème dans le parcours et si oui comment ? A quelles conditions ? A quels risques ?

Nous en viendrons à parler d’outils, en particulier ceux disponible sur la plate-forme mise à notre disposition par l’académie, Chamilo (proche de Claroline).

  • Pour la transmission, les documents – avec la possibilité de les émailler d’exercices et tests pour évaluer la compréhension par exemple.
  • Pour l’incitation, les travaux, les exercices, les sondages – et l’agenda.
  • Pour l’interaction, les forums, le chat, le wiki et les groupes.

Image à la une : Wikimédia – Le calice d’Antioche

(1) Voir l’article "La tâche complexe pour acquérir des compétences"

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"La démocratie des crédules"

 Gérald Bronner  invité des matins de France culture le 7 mars 2013.

Connaissance et crédulité ne sont pas des vases communicants : la croissance de la connaissance n’entraîne pas la décroissance de la croyance.
Internet produit de l’information – vraie ou fausse – et favorise la croyance plus que la connaissance. C’est pour les indécis que c’est problématique : les croyants (de théories magiques voire farfelues – théories du complot) sont beaucoup plus prolixes parce que plus motivés – et convaincants – que les non-croyants qui n’ont pas consacré de temps à trouver des contre arguments.  "Tout ne peut pas être faux" est l’argument phare du croyant. Il est beaucoup plus difficile de prouver que quelque chose n’existe pas plutôt que quelque chose existe.
Le "biais de confirmation" pousse à creuser un sillon pré-établi selon ses convictions, et non à chercher la controverse qui nous enrichirait. Internet et ses moteurs de recherche confortent ce biais.
La porte de l’offre sur le marché des idées s’ouvre à tous ; elle n’est plus réservée à des spécialistes. Les outils participatifs permettent la mutualisation de la connaissance, mais aussi de l’erreur ! On observe une tendance à mettre sur le même pied d’égalité le citoyen et l’expert.
Les scientifiques n’ont plus le temps de revenir sur leurs hypothèses erronées. L’information se diffuse dans le public, et même si elle est démentie, le phénomène de rémanence peut la rendre dangereuse.
La temporalité de la science n’est pas celle du traitement médiatique. Le professionnel n’a plus le temps de vérifier ses informations.
Sagesse et déraison des foules.
L’offre s’indexe sur l’anticipation de la demande ; la tentation est forte, même pour les professionnels de l’information, de traiter le buzz.
"La concurrence sert le vrai, trop de concurrence le dessert. Les professionnels de l’information sont devenus les otages des fabricants de rumeurs."
Voir le film de William Karel, "Opération lune", où Kubrik tourne le faux film des premiers pas sur la lune, commandé par la CIA (canular bien monté ; voir http://www.arte.tv/fr/accueil/recherche/385490.html ). Voir aussi http://paranomagazine.blogspot.fr , dont les articles sont parfois repris au premier degré pour servir des croyances déraisonnables.
L’exercice de l’esprit critique induit la mise en œuvre d’une démarche scientifique qui aboutit à la recherche de la "parcimonie conceptuelle".
Cependant,  crédulité et bêtise ne sont pas liées : le niveau d’études n’est pas corrélé à la non crédulité !
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